quinta-feira, setembro 13, 2007

Masculin Féminin



est un film français de Jean-Luc Godard, sorti en 1966.

Analyse

Paul a 21 ans. C'est un garçon plutôt timide, maladroit, mais soucieux de s'intégrer, de communiquer par tous les moyens possibles. Son camarade Robert est engagé politiquement, sûr de la légitimité de ses convictions, militant enthousiaste qui se trouve mal à l'aise avec les autres dès qu'il ne s'agit plus de changer le monde.

Madeleine, qui veut devenir chanteuse, a le même âge que les deux garçons; elle est un produit parfait de la société de consommation dont elle suit aveuglément les modes et à toutes les sollicitations de laquelle elle se conforme. Plus effacée, Élisabeth est un peu le double de Madeleine, qu'elle jalouse pour son aisance et l'attrait qu'elle exerce sur les garçons. Quant à Catherine-Isabelle, elle apparaît par son sérieux assez proche de Robert, qui a un faible pour elle. Mais c'est Paul qui l'attire alors que celui-ci n'a d'yeux que pour Madeleine. Ces jeunes, ces "enfants de Marx et de Coca-Cola", sont confrontés aux problèmes du monde des années soixante : la violence quotidienne, la guerre du Vietnam, la révolution sexuelle, le racisme, la confusion des valeurs.

La vie leur pose plus d'inquiétantes questions qu'elle ne leur propose de réponses rassurantes. Et lorsque Madeleine, après la mort, accident ou suicide, de Paul dont elle est enceinte, répond : "J'hésite... j'hésite " au policier qui lui demande si elle gardera son enfant elle reflète alors l'angoisse de toute une jeunesse face à son avenir.

Le titre complet du film prétend montrer "15 faits précis" annoncés par des cartons. Ces derniers sont aussi utilisés à des fins de commentaire et l'un d'entre eux livre la célébrissime formule qui servira de définition à toute une génération hésitante entre une conscience politisée et l'insouciance : "Les enfants de Marx et du coca cola. Comprenne qui voudra." Un autre dit : "Le philosophe et le cinéaste ont en commun une certaine manière d'être, une certaine vue du monde qui est celle d'une génération". Perce là l'idée de Godard selon laquelle le monde n'est beau que si on arrive à le penser. Le philosophe pense en donnant du sens, le cinéaste pense en donnant une forme. Le but est de présenter la trace de l'effort vers la saisie de ce réel. Il faut faire rendre gorge à la réalité comme le dit Godard à cette époque.

L'expression des sentiments est donc passé à la moulinette des questions: "Et à quoi vous pensez là ?", "Qu'est ce que c'est pour vous le centre du monde ?". Ces deux phrases sont extraites d'un dialogue amoureux entre Paul et Madeleine. Paul est le questionneur du film : il interwieve "Mademoiselle dix neuf ans", il fait son éducation politique auprès de Robert, son ami syndiqué et sonde la population française. Les commentaires qu'il porte sur cette activité peuvent se rapporter au film :

"Peu à peu (...) je m'aperçu que toutes ces questions au lieu de refléter une mentalité collective la trahissait et la déformait. A mon manque d'objectivité même inconscient, correspondait en effet la plupart du temps, un inévitable défaut de sincérité chez ceux que j'interrogeais."

La perplexité du cinéaste par rapport aux moyens d'investigation mis en oeuvre dans les films est ici évidente. Le constat de Paul est bien celui de Godard quand, juste avant l'interrogatoire où l'on apprend sa mort, il conclura sa confession par ses mots: "La sagesse, ça serait si on pouvait vraiment voir la vie, vraiment voir. Ca serait ça la sagesse."

0 Comentários:

Enviar um comentário

Subscrever Enviar comentários [Atom]

<< Página inicial